LowCode/NoCode : un levier pour sécuriser la conception et la livraison des produits applicatifs
Avis d'experts
14 janvier 2026
Quand les plateformes intelligentes deviennent aussi un facteur de sécurisation.
Face à l’accélération du cycle de vie des projets et la demande croissante de prédictibilité, les Directions des Systèmes d’Informations et du Numérique (DSIN) doivent garantir vitesse, conformité et fiabilité des livrables, afin d’être des Business Partners internes fiables pour les Directions métiers.
Ainsi, le LCNC, et plus particulièrement les Plateformes Intelligentes, apportent une réponse pragmatique à cette équation.
Le rapport Gartner prévoit que, d’ici 2027, plus de 70 % des nouvelles applications d’entreprise seront développées à l’aide de plateformes LowCode ou NoCode.
Mais au-delà de la rapidité, c’est la maîtrise du cycle de vie des applications qui doit séduire les DSIN, avec deux approches possibles : discovery et delivery.
Discovery : sécuriser le cadrage en adoptant une approche design et build en continu
47% des projets IT échouent souvent pour une raison simple : le besoin métier est mal compris ou mal traduit requirements-management.pdf.
Faute de temps, de compétence ou encore de méthode, c’est un risque désormais facilement mitigeable pour les DSIN qui ont davantage recours aux plateformes LCNC pour faire des POCs rapides en cette phase critique de début de projet.
Au-delà de leur capacité à permettre aux DSIN de valider le concept et l’appport de valeur, ces prototypes permettent aux Directions métiers de visualiser immédiatement le rendu final et manipuler une première version de leur futur outil en quelques jours.
Ce qui réduit les risques de dérive fonctionnelle et budgétaire, limite les malentendus, accélère la validation des besoins et, surtout, améliore drastiquement la relation DSIN/Métier qui entretien une approche de co-construction bien plus efficace et aspirationnelle.
La DSI garde la main sur l’architecture, les règles de sécurité et l’intégration aux systèmes existants (gouvernance de la donnée, conformité RGPD…). Le métier, quant à lui, est tout de suite projeté vers son futur outil de travail et est acteur de sa trajectoire.
Il est recommandé d’utiliser des environnements isolés et des jeux de données anonymisés et définir des processus clairs de validation, d’archivage et de priorisation des maquettes.
Exemples de plateformes :
- Microsoft Power Platform (avec Power Apps et Power Automate) : prototypage d’applications métiers, workflows automatisés, dashboards simples.
- Bubble : création rapide d’applications Web complètes (MVP, marketplace, back‑office) sans code
- Figma + Plugins LCNC : maquette interactive et prototypage des interfaces avant développement.
Delivery : valider sa cible technologique et industrialiser les bonnes pratiques
Les plateformes LCNC reposent sur des modèles préconstruits et des composants validés, qui intègrent les bonnes pratiques de sécurité et de qualité logicielle. Ces éléments (formulaires, connecteurs, API, modules d’authentification…) doivent respecter les standards de sécurité (OWASP, ISO 27001, RGPD).
Chaque composant est testé, versionné et mis à jour automatiquement, ce qui évite la prolifération de dépendances non maîtrisées, fréquente dans les développements classiques.
En synthèse, les plateformes LCNC, lorsqu’elles sont bien utilisées, ont l’avantage de limiter les risques d’erreur humaine et d’assurer une cohérence technique entre projets. Certaines plateformes intelligentes (comme Pega, Power Platform, Mendix, OutSystems) intègrent même nativement une approche DevSecOps : chaque étape du cycle (développement, test, intégration, déploiement) est automatisée et auditée.
Concrètement :
- Les pipelines CI/CD embarquent des tests de sécurité et de performance.
- Les builds et déploiements sont signés, tracés et réversibles.
- Les environnements de dev, recette et production sont isolés et synchronisés automatiquement, réduisant le risque d’erreurs manuelles.
Pour les DSI, c’est une garantie : chaque application respecte un cadre de sécurité, même si elle est partiellement développée par un “citizen developer”. Pour les métiers, c’est une autonomie contrôlée – l’innovation n’est plus perçue comme une prise de risque.
Exemples de plateformes :
- Microsoft Power Platform (avec Power Apps et Power Automate) pour le développement interne rapide.
- OutSystems et Mendix, orientées gouvernance et performance.
- AppSheet ou Glide pour les usages métier légers et mobiles.
Néanmoins, à la fin de toute phase de conception, et avant le début de développements trop poussés, il appartient aux DSIN de s’assurer du niveau de dépendance requis par la plateforme choisie. En effet, certaines solutions LCNC sont propriétaires de leur code : un cadrage trop poussé dans un outil non pérenne peut créer un verrou technologique.
Avoir sécurisé la conception et la livraison de ses applications n’est qu’une étape : pour que ces gains perdurent, il est crucial de s’intéresser à la maintenance, à l’exploitation et à la gouvernance des projets LowCode / NoCode – autant de leviers que nous détaillerons dans une deuxième partie.
Auteur
Adeline Gallet-Weisz, Senior Manager – Magellan Consulting
Daniel Piana, Associé – Magellan Partners
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