L’API Management, un sujet de gouvernance avant tout

Le sujet de l’API Management a désormais quelques années dans nombre de sociétés. Pour autant, la valeur apportée est souvent inférieure à la promesse de départ. Cette divergence entre objectifs fixés et atteints s’explique non pas par la complexité de l’API Management en soit mais bien par la complexité qu’une gouvernance API ad hoc se doit d’adresser avec simplicité et efficacité.

Le nombre élevé d’acteurs autour des APIs complexifie la réalisation

En effet, dans un projet API, la multiplicité des intervenants, de leurs objectifs, de leurs domaines de compétences, fait qu’une bonne gouvernance API est bien plus complexe que ce qu’on peut s’imaginer.

La liste exhaustive de ces intervenants est la suivante :

  • Les CxO qui ont décidé de faire des APIs une clé de la stratégie de l’entreprise,
  • Les métiers qui veulent accéder aux données facilement,
  • Les métiers qui sont responsables des données exposées,
  • Les développeurs de la solution qui veulent accéder aux données,
  • Les développeurs de la solution qui exposent les données,
  • Les membres de l’équipe API Management,

Et tous ces acteurs ont des objectifs, des plannings et des budgets différents. C’est justement cette multiplication des acteurs et des objectifs qui rend complexe un projet API, car c’est d’autant d’interactions humaines croisées qu’il faut gérer.

Il est donc très important d’avoir un sponsorship fort, afin d’aligner les intervenants, au travers d’une équipe d’API Management positionné en point central. Cette équipe se doit d’être référente, mais en même temps autonomisante.

 

Ses activités peuvent donc se regrouper en deux types : Les activités régaliennes et les activités collaboratives.

 

Les activités régaliennes d’une équipe API

Nous appelons activités régaliennes les activités pour lesquelles l’équipe API a pleine autorité et ne peut être outrepassée.

Elle doit d’abord être responsable de la mise en œuvre et de l’administration technique de la plateforme API. Mais au-delà de ça, elle doit être responsable de la bonne exécution de la mise en place d’API, de l’expression de besoin au déploiement. Cela passe donc par de la définition de bonnes pratiques, de la gestion de la formation interne et de la communication. Mais également par l’organisation et de la préparation d’ateliers API.

En effet, un atelier API mal préparé peut-être catastrophique en terme de productivité. Comptez une heure d’atelier par API simple à moyenne si l’atelier est bien cadré. Comptez potentiellement en mois sinon….

 

Les activités collaboratives d’une équipe API

Cependant, certaines activités doivent être menées non pas sur un mode purement régalien, mais sur un mode beaucoup plus collaboratif, car il s’agit après tout d’organiser des échanges entre au moins deux systèmes.

La définition exacte des APIs, et de leurs alignements avec les roadmap métiers et architecturales, nécessite de la collaboration. L’équipe API se doit d’en être l’animateur, et non le prescripteur.

Elle peut de plus aider à l’idéation d’API, de par son expérience et de sa connaissance métier qu’elle acquiert au fil de l’eau.

Enfin, sur un versant technique, elle doit réfléchir à aider les développeurs. Un nouveau développement se fait sur une nouvelle technologie ? L’équipe API se doit d’étudier quelles sont les meilleures librairies, et comment les utiliser au mieux. Et peut-être rédiger de la documentation? Et produire un projet template mis à disposition de tous? Ce sont des pistes en tout cas à explorer pour faciliter la tâche aux développeurs.

 

Une gouvernance API à décider selon son contexte, entre centre de compétences et centre « d’enablement »

Enumérer une liste de tâches n’est pas pour autant équivalent à définir une gouvernance API.

Le mode de gouvernance le plus souvent utilisé est le mode de gouvernance qu’on pourrait appeler « open source ». L’équipe d’API Management a la charge de cadrer, orienter, aider, d’apporter du support, mais surtout de permettre à tout à chacun de contribuer facilement et efficacement. C’est une logique de gouvernance qui cherche avant tout « l’enablement » des équipes Projets.

L’autre mode de gouvernance qu’on peut également mettre en place serait un centre de compétences API. Ce centre regrouperait toutes les compétences nécessaires, et ce de manière auto-suffisante.

Entre ces deux modes de gouvernance, il est pour autant tout à fait possible de trouver un « juste milieu ». Mais il faut bien garder en tête qu’autonomiser tout le SI sur le sujet des APIs ne passera pas par une logique de tour d’ivoire. Mais bien par une logique de partage du savoir.

 

Auteur de la tribune

Article rédigé par Thomas Jardinet, Manager Architecture and Data dans la practice CIO Advisory & Agility de Magellan Consulting.

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